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"Je voudrais que toutes les mamans connaissent cette félicité..."

Il est là, couché sur mon ventre, les bras pliés contre ma poitrine et la tête collée vers mon cou. Je sens ses petits pieds glisser doucement se décrocher de mon bras qu'ils avaient enveloppé comme un petit koala peut le faire sur sa branche, signe qu’il est détendu et peut enfin accéder au sommeil.

Je le regarde, je pose mes lèvres sur son front pour lui offrir un tendre baiser tout doux. Tout doux comme son odeur qui vient se faire sentir dans ses cheveux encore mouillés, témoins de l’effort qu’il venait de faire en pleurant.

C’est fini, la paix règne dans la maison, dans ce petit corps tout chaud, tout endormi… Je pense à tous les moments que j’ai « raté » avec mes autres enfants, je pense aux nombres d’heures perdues pour tout le monde à trouver un moyen miraculeux pour cesser les pleurs… Si j’avais su…

Quel délicieux sentiment… Tout le contraire de ceux qui venaient m’habiter après les pleurs d’une de mes filles que je n’arrivais pas à faire dormir, où que j’aurais réussi à apaiser en employant toutes sortes de stratégies . Le premier était débordant de culpabilité et le second d’une peur dévorante «  Et si, elle se réveillait ? »

Là, je suis calme, Rémi est bien. Je sais que sa décharge émotionnelle sera bénéfique à son réveil, que son humeur ne pourra qu’être joyeuse, qu’il dormira juste se qu’il faut, je n’ai pas peur. Son sommeil est sain, il n’est pas là juste pour cacher un mal, ou au contraire s’il se réveille très vite ce ne sera pas le stress qui l’aura sorti du lit, non, le repos aura été suffisant. J’imagine déjà son sourire quand j’irai le chercher… Que c’est bon, que c’est tendre…

Ce bonheur, je l’ai rencontré lors d’une lecture. Celle du livre «  Mon bébé comprend tout – Du Dr Aletha Solter » Et bien que je n’adhère pas totalement à la vision de cet auteur sur l’éducation d’un enfant, Je sais que la lecture de cet ouvrage m’aura permis de casser ce mur de glace qui était en moi concernant les pleurs de mes enfants. Je me souviens encore de l’effet des premières pages, toutes ces heures où j’ai pleuré, pleuré, pleuré…. Toutes ses heures où je me suis demandée :

 «  Mais pourquoi je n'arrive pas à lire ce livre sans pleurer? »

 

 

 Un jour que j’étais très triste, je me suis « regardée ». J’étais là, muette, le visage tendu, les dents serrées, ma respiration était rapide et je ne pensais qu’à une chose : faire le vide ! J’ai pris mon MP3 et je me suis mise à écouter de la musique, pour ne plus penser, pour arriver à souffler…

 Voilà, je saisissais enfin le sens de ce que le Dr Aletha Solter, appelait « l’automatisme de contrôle ». J’ai posé mes écouteurs, j’ai appelé mon mari et je me suis confié à lui. Les émotions sont alors remontées très vite à la surface et j’ai laissé couler mes larmes. J’ai demandé les bras de mon chéri et j’ai pleuré un long moment… Après ce temps passé, mon humeur était redevenue bonne, comme quand les nuages disparaissent de devant le soleil, comme quand le ciel s’éclaircit, avec tout ce qui en découle, la chaleur, la gaîté , l’envie de vivre…

Je venais de comprendre les bienfaits des larmes et comment faire pour évacuer un stress émotionnel.

Permettre à Rémi d’abandonner toutes ses décharges négatives de cette façon devenait évident.

Il me restait juste à décoder les signes pour savoir quand il en avait besoin…


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